Peut-on adopter un adulte en France ? Tout savoir sur la procédure légale

Peut-on adopter un adulte ? Tout ce que vous devez savoir sur l’adoption d’adultes #

Définition juridique de l’adoption d’un adulte #

L’adoption d’un adulte, en droit français, désigne le fait pour un ou plusieurs adoptants de créer un lien de filiation avec une personne déjà majeure, c’est-à-dire âgée d’au moins 18 ans. Cette possibilité est expressément prévue par le Code civil, notamment au travers des articles relatifs à l’adoption simple[2][8]. Dans cette configuration, l’adopté devient juridiquement l’enfant de l’adoptant, tout en conservant, en principe, ses liens juridiques avec sa famille d’origine : on parle de coexistence de deux filiations. L’adoption plénière d’un majeur reste exceptionnelle ; elle est viable seulement jusqu’aux 21 ans du jeune adulte, dans des hypothèses ciblées comme l’accueil avant 15 ans lorsque les conditions précédentes n’étaient pas réunies[2][1].

Nous devons bien distinguer l’adoption d’un mineur et l’adoption d’un majeur. Pour un mineur, le législateur met l’accent sur la protection de l’enfant, la construction d’un projet de vie stable, et l’intérêt supérieur de l’enfant, ce qui conduit fréquemment à une adoption plénière qui rompt définitivement la filiation d’origine. Pour un adulte, la logique est différente : il s’agit généralement de formaliser un lien affectif ancien, de sécuriser une histoire familiale de fait (enfant recueilli, beau-fils, jeune majeur étranger intégré à la famille) et d’organiser la transmission du nom et du patrimoine. Dans l’immense majorité des dossiers traités par les tribunaux judiciaires de villes comme Paris, Lyon ou Marseille, l’adoption simple est la voie choisie, car elle permet à l’adopté de conserver ses droits et obligations vis-à-vis de ses parents biologiques tout en ajoutant la filiation adoptive[2][8].

  • Adoption simple d’un adulte : création d’une nouvelle filiation, maintien des liens d’origine, effets sur le nom, les obligations alimentaires et la succession.
  • Adoption plénière d’un jeune majeur (jusqu’à 21 ans) : rupture de la filiation d’origine, conditions très strictes, notamment accueil avant 15 ans et impossibilité antérieure d’adopter[2].
  • Tribunal judiciaire compétent : juridiction du domicile de l’adoptant, avec contrôle du lien affectif et de l’intérêt de l’adopté.

Nous pouvons illustrer cette définition par une situation fréquente : une personne de 25 ans, élevée à Toulouse depuis ses 10 ans par le compagnon de sa mère, souhaite, avec lui, formaliser ce lien de type parental. L’adoption simple par ce beau-père, aujourd’hui âgé de 45 ans, permet de reconnaître juridiquement cette réalité familiale, sans faire disparaître la filiation biologique, tout en ouvrant des droits successoraux au profit du jeune adulte.

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Les conditions légales pour adopter un adulte en France #

Le cadre juridique français pose des conditions précises pour l’adoption d’une personne majeure, détaillées notamment sur le portail officiel Service-Public.fr et dans les textes récents de réforme[2][3]. Ces conditions concernent à la fois l’adoptant et l’adopté majeur, ainsi que le contrôle exercé par le tribunal judiciaire. Nous constatons, depuis l’entrée en vigueur de la loi de février 2022, une certaine harmonisation avec les règles applicables à l’adoption d’enfants mineurs, tout en conservant des spécificités liées à la majorité de l’adopté.

Pour l’adoptant, la loi exige :

  • Âge minimal de 26 ans pour une personne seule, fixé par la réforme entrée en vigueur en 2022[2][1].
  • Écart d’âge d’au moins 15 ans entre l’adoptant et l’adopté, sauf s’il s’agit de l’enfant du conjoint, partenaire de Pacs ou concubin où un écart de 10 ans suffit[2].
  • Pour un couple adoptant (marié, pacsé ou concubin) : être tous deux âgés d’au moins 26 ans, ou justifier d’une vie commune d’au moins un an, à la suite de la réforme de l’adoption[1][3].
  • Consentement du conjoint ou partenaire lorsque l’adoptant vit en couple, exigé qu’il s’agisse d’un mariage, d’un Pacs ou d’un concubinage[2][1].

Pour l’adopté majeur, plusieurs exigences sont incontournables :

  • Être majeur, c’est-à-dire âgé d’au moins 18 ans au jour de la demande[2].
  • Fournir un consentement explicite et écrit, généralement recueilli par un notaire en France, ou par un agent consulaire si l’adopté réside à l’étranger[2].
  • Possibilité de rétracter ce consentement tant que le tribunal judiciaire n’a pas rendu sa décision[2].
  • En cas de majeur protégé (tutelle, curatelle), avis du tuteur ou du curateur, conformément aux nouvelles dispositions mentionnées par le Ministère de la Justice et le Ministère de la Santé[3].

Pour illustrer ces règles, nous pouvons citer un cas concret : un adoptant de 40 ans souhaite adopter un jeune adulte de 23 ans, qu’il a accueilli à Nantes à l’âge de 16 ans. L’écart d’âge n’est que de 17 ans, supérieur au seuil légal de 15 ans. En pratique, cette configuration est approuvée par les tribunaux, dès lors que le lien affectif est solide. Si l’écart n’était que de 12 ans, le tribunal judiciaire de Nantes pourrait malgré tout prononcer l’adoption, sur le fondement des justes motifs ? prévus par la loi : ancienneté du lien, absence d’autres enfants, vulnérabilité de l’adopté, etc.[2].

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  • Rôle du tribunal judiciaire : vérifier les conditions légales, apprécier l’intérêt de l’adopté, contrôler l’authenticité du lien affectif et refuser les demandes manifestement opportunistes (fiscales, migratoires)[2][8].
  • Cas particulier de l’enfant majeur du conjoint : écart d’âge de 10 ans suffisant, absence d’exigence d’âge minimal de 26 ans pour l’adoptant dans certains scénarios, procédure globalement plus souple[2][1].

Le déroulement concret de la procédure d’adoption d’un majeur #

Sur le terrain, la procédure d’adoption d’un adulte se déroule en plusieurs phases successives devant le tribunal judiciaire, guidée par les formulaires officiels et la pratique des greffes. Nous observons que les juridictions de grandes métropoles, comme le tribunal judiciaire de Paris ou celui de Lille, demandent des dossiers très structurés, afin d’évaluer finement la réalité du projet familial.

La première étape consiste en une phase de réflexion et de préparation du projet :

  • Analyse de la durée de la relation entre l’adoptant et l’adopté, de l’histoire commune, des responsabilités assumées (scolarité, santé, logement).
  • Échanges approfondis avec l’adopté, mais aussi avec le conjoint, les enfants existants, voire un avocat en droit de la famille ou un notaire.

Vient ensuite la constitution du dossier de demande d’adoption simple :

  • Copies intégrales récentes des actes de naissance de l’adoptant et de l’adopté, délivrées par les mairies de naissance ou via les services en ligne de l’État civil[2].
  • Consentement notarié de l’adopté, ou acte établi par un consulat français si la personne réside, par exemple, à Montréal (Canada) ou à Casablanca (Maroc)[2].
  • Justificatifs d’identité et de domicile de l’adoptant, tels que titres d’identité, quittances de loyer ou factures.
  • Éléments démontrant la réalité du lien affectif : photos sur plusieurs années, attestations de proches, certificats de scolarité montrant que l’adoptant a agi comme parent, documents médicaux signés par lui, etc.
  • Informations sur les enfants majeurs et mineurs de l’adoptant, afin que le tribunal apprécie les effets de l’adoption sur l’équilibre de la vie familiale[2].

La requête en adoption simple d’un majeur est ensuite déposée au tribunal judiciaire du domicile de l’adoptant. Elle est adressée au procureur de la République, en utilisant les formulaires Cerfa prévus pour l’adoption simple d’un majeur ou pour l’adoption de l’enfant majeur du conjoint, formulaires actualisés à la suite de la réforme de 2022. Dans certaines situations plus sensibles, notamment lorsque l’adopté a été recueilli après ses 15 ans et qu’une adoption plénière est envisagée jusqu’à ses 21 ans, le recours à un avocat inscrit à un barreau français devient très vivement recommandé, voire pratiquement indispensable pour sécuriser l’argumentation[2][3].

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  • Audience devant le juge : audition possible de l’adoptant, de l’adopté, parfois du conjoint ou des enfants, examen des pièces, questionnement sur les motivations (lien de cœur, cohérence familiale, projet patrimonial).
  • Décision du tribunal : adoption accordée, rejetée ou, plus rarement, ajournée pour complément d’enquête, avec contrôle des risques de fraude (régularisation de séjour, optimisation fiscale sans réelle vie familiale)[2][8].
  • Suites administratives : mention de l’adoption sur les actes d’état civil, mise à jour des livrets de famille, information des organismes sociaux et fiscaux, ajustement des dispositions de succession et de donation avec l’aide d’un notaire.

Nous pouvons citer deux schémas typiques observés dans la pratique : l’adoption d’un beau-fils de 20 ans vivant depuis 10 ans dans le foyer familial à Bordeaux, qui conduit généralement à une audience brève et à une décision favorable rapide ; et l’adoption d’un majeur vivant à l’étranger, par un Français résidant à Londres, où l’intervention du consulat de France au Royaume-Uni pour le recueil du consentement et la communication avec le tribunal français demande un calendrier plus long et un accompagnement professionnel soutenu.

Enjeux émotionnels et familiaux de l’adoption d’un adulte #

Au-delà du droit, l’adoption d’un adulte touche directement aux dynamiques familiales, à l’identité et aux trajectoires de vie. Dans de nombreuses affaires traitées par les juridictions françaises depuis les années 2010, les juges relèvent que l’adoption d’un majeur est souvent la reconnaissance officielle d’un lien de parenté de cœur ? déjà présent depuis longtemps. Le fait de porter le nom de l’adoptant, de figurer sur le même livret de famille, d’être clairement identifié comme fils ou fille dans tous les actes de la vie civile, a un impact psychologique considérable, à la fois pour l’adopté et pour l’adoptant.

Nous constatons des effets contrastés sur la famille élargie :

  • Pour les enfants biologiques de l’adoptant, l’arrivée d’un nouvel enfant en filiation juridique peut susciter, à court terme, des interrogations sur l’héritage ou la place de chacun, surtout lorsque le patrimoine est significatif.
  • Pour la famille d’origine de l’adopté, la démarche peut être vécue comme une confirmation d’un éloignement déjà existant, ou au contraire comme un aménagement équilibré reconnaissant deux histoires parentales.
  • Lorsque l’adopté est un majeur étranger, installé en France depuis plusieurs années, les différences culturelles, religieuses ou linguistiques, entre les deux familles peuvent nécessiter un travail de médiation familiale.

Sur le plan de l’identité personnelle, le choix d’ajouter ou de substituer le nom de l’adoptant joue un rôle central. Les statistiques de la Direction des affaires civiles et du sceau, au sein du Ministère de la Justice, montrent une hausse régulière des demandes de changement ou d’adjonction de nom, notamment après 2022, année de modernisation de la réglementation sur le nom de famille. Nous défendons l’idée qu’une discussion approfondie autour du nom, de la loyauté ressentie envers la famille d’origine et des attentes symboliques liées à l’adoption est décisive avant d’engager la procédure.

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  • Solutions d’accompagnement : recours à un psychologue familial, à un médiateur agréé par une cour d’appel, échanges avec des associations de familles adoptives implantées à Lille, Rennes ou Nice.
  • Expression des attentes : clarifier si l’adoption vise la sécurité juridique, la réparation d’une rupture passée, ou la reconnaissance d’un engagement éducatif de longue durée.

Pour illustrer ces enjeux, imaginons un témoignage typique : un homme de 30 ans, élevé depuis l’âge de 9 ans par sa tante et son conjoint à Montpellier, explique, lors de l’audience d’adoption, qu’il a toujours appelé ces personnes papa ? et maman ? et qu’il souhaite que cette réalité soit enfin alignée avec son état civil. Les juges, en entendant ce récit, constatent souvent la force du lien affectif, ce qui pèse lourd dans l’appréciation de l’intérêt de l’adopté.

Études de cas et situations typiques d’adoption d’adultes #

Les décisions rendues par les tribunaux judiciaires de villes comme Lyon, Strasbourg ou Rouen illustrent plusieurs scénarios récurrents d’adoption simple d’un adulte. Ces cas concrets permettent de comprendre comment les juges apprécient la combinaison des éléments juridiques et humains.

Un premier cas fréquent concerne l’adoption de l’enfant majeur du conjoint. Nous pensons par exemple à une famille recomposée installée à Grenoble, où un adolescent est arrivé à 8 ans au foyer de sa mère et de son nouveau compagnon. À 20 ans, après plus de 12 ans de vie commune, le jeune homme et son beau-père déposent une requête en adoption simple devant le tribunal local. Les motivations sont claires : sécuriser le lien, permettre au fils de porter le nom de son beau-père, simplifier la future succession, qui comprend un bien immobilier d’une valeur de 350 000 €. Le tribunal retient la longévité du lien, la prise en charge éducative, l’accord de tous les membres de la famille, et prononce l’adoption, avec un impact fort sur la cohérence familiale.

  • Cas d’un majeur étranger en situation administrative fragile : les juridictions se montrent très vigilantes lorsque la demande d’adoption semble motivée principalement par la régularisation du séjour. Des décisions publiées sur Legifrance montrent des refus d’adoption lorsque le lien affectif n’est pas suffisamment étayé par des preuves matérielles de vie commune ou de soutien financier durable.
  • Cas d’un adulte recueilli depuis l’adolescence : une femme de 55 ans vivant à Rennes adopte en 2024 un jeune homme de 24 ans, qu’elle a accueilli à 13 ans après un placement de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le tribunal tient compte des rapports sociaux, de l’ancienneté du lien et de l’absence de contacts avec les parents biologiques, et valide l’adoption simple, considérée comme cohérente avec le parcours de l’adopté.

Nous voyons ainsi que le critère déterminant demeure le lien affectif réel et durable. Les profils des adoptés sont variés : étudiants inscrits dans des universités publiques, jeunes actifs en contrat à durée indéterminée, adultes déjà parents eux-mêmes, ou encore majeurs résidant à l’étranger tout en entretenant un lien très fort avec l’adoptant français. À chaque fois, les juges évaluent la consistance de la relation, la clarté du projet et l’absence de manœuvre frauduleuse.

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Avantages et inconvénients de l’adoption d’un adulte #

L’adoption d’un adulte offre des avantages substantiels, mais comporte aussi des effets à mesurer soigneusement, notamment sur le plan patrimonial. Nous estimons qu’une vision équilibrée, mêlant aspects juridiques, fiscaux et relationnels, est indispensable avant toute démarche.

Pour l’adoptant, les bénéfices sont multiples :

  • Reconnaissance légale d’un lien parental de fait : la personne devient officiellement enfant ? dans tous les actes civils.
  • Facilitation de la transmission du patrimoine : l’adopté simple est, en principe, assimilé à un enfant en matière de droits successoraux, avec une fiscalité plus favorable que celle applicable à un tiers.
  • Harmonisation du livret de famille et de la situation familiale, en particulier dans des contextes de familles recomposées complexes.

Pour l’adopté, les avantages sont tout aussi significatifs :

  • Renforcement du sentiment d’appartenance à une famille, avec un impact psychologique mesurable, relevé dans plusieurs travaux universitaires en sociologie de la famille menés à l’Université Paris Nanterre.
  • Sécurité juridique accrue en matière de succession, d’obligations alimentaires et, dans certains cas, de pension de réversion si l’adoptant est affilié à un régime de retraite particulier.
  • Possibilité de porter le nom de l’adoptant ou de l’ajouter au sien, ce qui compte beaucoup dans la construction identitaire[2].

En revanche, plusieurs points de vigilance méritent d’être soulignés :

  • Effets successoraux : l’adopté simple devient héritier, ce qui réduit la part revenant aux autres enfants. Dans une famille avec deux enfants biologiques et un adopté adulte, chacun peut recevoir, par exemple, un tiers du patrimoine, ce qui suppose une préparation patrimoniale fine avec un notaire.
  • Obligations alimentaires réciproques : l’adoptant peut être tenu d’aider financièrement l’adopté en cas de besoin, et inversement, l’adopté peut être sollicité pour participer aux frais du parent adoptif âgé ou dépendant, notamment dans le cadre d’un hébergement en EHPAD.
  • Complexité émotionnelle vis-à-vis de la famille d’origine : tensions possibles avec un parent biologique qui se sent remplacé ?, ou au sein d’une fratrie qui perçoit l’adoption comme un rééquilibrage des liens affectifs.
  • Adoption plénière d’un jeune majeur : rupture définitive du lien avec la famille d’origine, option très engageante, utilisée principalement lorsque l’adulte a été accueilli très tôt et que la filiation biologique était gravement défaillante[2][3].

Les juges, en application des textes consolidés sur Legifrance au 1er janvier 2026, contrôlent strictement l’absence de fraude à la loi, que ce soit pour des motifs fiscaux (optimisation excessive des droits de succession) ou migratoires (tentative de régularisation d’un séjour sans véritable relation familiale). À nos yeux, ce contrôle est légitime, car il protège la cohérence du dispositif et la crédibilité de l’adoption simple dans le paysage juridique français.

Ressources et accompagnements pour un projet d’adoption d’adulte #

Pour sécuriser une demande d’adoption d’un adulte, nous recommandons fortement de s’appuyer sur des ressources officielles et sur des professionnels spécialisés. Le site Service-Public.fr propose une fiche dédiée intitulée Adoption d’une personne majeure ?, régulièrement mise à jour, qui détaille les conditions, la procédure et les effets de l’adoption simple, en lien avec les réformes récentes[2]. Le Ministère des Solidarités et de la Santé et le Ministère de la Justice publient par ailleurs des communiqués expliquant la loi du 21 février 2022 visant à réformer l’adoption[3][4].

Nous conseillons de s’entourer des interlocuteurs suivants :

  • Avocats en droit de la famille, notamment présents dans les barreaux de grandes juridictions comme Paris, Lyon ou Bordeaux, pour analyser la situation, anticiper les effets successoraux, préparer les écritures au tribunal.
  • Notaires, regroupés au sein de structures comme le Groupe Monassier, réseau de notaires spécialisés en droit patrimonial, pour recueillir le consentement de l’adopté, organiser les donations, testaments et montages successoraux conformes à la loi[1].
  • Services d’information des tribunaux judiciaires, qui peuvent fournir des renseignements pratiques sur les pièces attendues et les délais moyens.
  • Associations de familles adoptives, comme celles fédérées par l’Union nationale des associations familiales (UNAF), proposant groupes de parole et accompagnement psychologique.
  • Pour toute dimension internationale, consultation des services du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’ancienne Agence française de l’adoption (AFA) et des organismes autorisés pour l’adoption (OAA) lorsqu’un parcours d’adoption a débuté alors que l’adopté était mineur à l’étranger.

Avant même de rencontrer un professionnel, nous suggérons une mini-checklist à préparer :

  • Âge exact de l’adoptant et de l’adopté, date et lieu de naissance.
  • Historique de la vie commune : années de cohabitation, responsabilités assumées, événements marquants.
  • Situation familiale complète de l’adoptant : nombre d’enfants, situation matrimoniale, patrimoine approximatif.
  • Objectifs principaux de l’adoption : reconnaissance symbolique, organisation successorale, sécurisation d’un parcours migratoire déjà encadré par d’autres titres.
  • État des relations avec la famille d’origine de l’adopté : présence ou non de liens, conflits éventuels, volonté de maintenir une double appartenance.

Conclusion : adopter un adulte, un outil juridique au service des liens de cœur #

Nous pouvons répondre clairement à la question : oui, on peut adopter un adulte en France, principalement par la voie de l’adoption simple. Le dispositif s’adresse à des situations où un lien affectif profond existe déjà, parfois depuis l’enfance, et où l’adoptant et l’adopté souhaitent que ce lien soit pleinement reconnu par le tribunal judiciaire. Les textes récents, notamment la loi du 21 février 2022, ont clarifié les conditions : âge minimal de 26 ans pour l’adoptant, écart d’âge de 15 ans (ou 10 ans pour l’enfant du conjoint), consentement écrit de l’adopté, contrôle rigoureux de l’intérêt de l’adopté par le juge[2][3].

Les grandes étapes sont désormais bien balisées : préparation du projet en famille, constitution d’un dossier solide démontrant le lien affectif, dépôt d’une requête argumentée au tribunal judiciaire, audience, puis inscription de la décision dans les registres d’état civil. Au-delà des aspects techniques, l’adoption d’un adulte transforme les trajectoires familiales : elle consacre le rôle de parent d’une personne qui a assumé cette fonction de fait, elle offre à l’adopté un ancrage et des droits, mais elle redessine aussi les équilibres successoraux et les obligations réciproques.

  • Notre avis : lorsque le projet est mûri, partagé par l’ensemble des membres de la famille, et accompagné par un avocat et un notaire, l’adoption d’un adulte est un outil juridique pertinent pour sécuriser les familles recomposées et les liens de cœur de longue durée.
  • Nous vous invitons à interroger vos motivations profondes, à en débattre sereinement avec l’adopté et les proches, puis à consulter un professionnel pour adapter cette mécanique juridique à votre cas précis.

En partageant les expériences de familles passées par cette démarche, en s’appuyant sur les ressources publiques et les praticiens du droit de la famille, chacun peut évaluer si l’adoption d’un adulte constitue, pour sa propre histoire, la bonne voie pour faire coïncider réalité affective et reconnaissance juridique.

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